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D’où vient le nom « Algonquins »?

Bien que les Algonquins aient repris ces dernières années le nom auxquels ils s’identifient depuis la nuit des temps, Anishinabeg, les Eurocanadiens ont imposé durant plus de 400 ans le terme Algonquin en parlant d’eux.

On sait que le nom Anishinabeg est celui que ce peuple utilisait pour se présenter et que ce terme signifie « les vrais hommes (ou humains) », mais on se questionne encore aujourd’hui sur l’origine du nom Algonquin.

Ce qu’on sait, c’est que c’est Samuel de Champlain qui aurait le premier désigné la nation Anishinabe par ce nom lors de son arrivée à Tadoussac en 1603. Champlain débarque et est accueilli par le chef Innu (peuple que les Français désignaient alors sous le nom de Montagnais), Anadabijou, alors qu’on célèbre une grande victoire sur un groupe iroquois ennemi. Outre les Innus, la fête regroupe aussi des Malécites et un autre groupe que Champlain ne connaît pas mais qu’il désignera sous le nom de « Algoumequins ».

Les historiens ne s’entendent pas sur l’origine de ce nom. L’explication soutenue par G. Day (1972), la plus souvent acceptée, veut que lors de cette rencontre, Champlain s’informe auprès du chef Malécite sur ce groupe qu’il ne connaît pas et que celui-ci lui aurait répondu « el legom kwin », ce qui signifie « ce sont nos amis, nos alliés ». Toutefois, cette explication est remise en question par d’autres chercheurs en raison des différences de prononciation entre ce terme et le mot « Algoumequin » que Champlain utilisera par la suite.

J.N.B Hewitt spécialiste des langues iroquoises soutenait que le nom proviendrait du terme Micmac « Alkoome » qui signifie « ils se tiennent sur le plat-bord du canot pour voir dans l’eau les poissons qu’ils pêchent au harpon ». Toutefois, cette explication est douteuse. D’une part, les Micmacs n’étaient pas présents lors de la rencontre de Champlain à Tadoussac. Il serait donc surprenant que la langue Micmac ait été utilisée lors des échanges avec Champlain. De plus, rien n’indique que les Anishinabeg utilisaient cette méthode de pêche, du moins pas plus que d’autres groupes, et certainement pas au point que ce soit le trait qui les distingue des autres peuples.

Il est plus probable que Champlain a entendu ce nom de la bouche des Malécites présents à cette occasion. Rappelons que l’explorateur rencontrait les Anishinabeg alors que ceux-ci célébraient leur victoire. Il prend d’ailleurs la peine de décrire avec force de détails la danse qu’hommes et femmes sont en train d’exécuter. Il serait donc tout à fait logique que le terme utilisé par son hôte malécite ait pu être « a’llegon kin » qui signifie « ce sont ceux qui font la danse ».

Personne dans les communautés algonquines ne sera insulté d’être identifié comme Algonquin, mais on appréciera que vous utilisiez le terme approprié, Anishinabeg.