Volume 3 - No. 1 - Janvier - Février 2006
Dans cette édition...
Souhaits du Grand Chef
Entrevue avec Chef Harry McDougall
Section développement économique, par Carole Whiteduck
Étude sur l'expérience des femmes avec la
violence familiale
DONNÉES STATISTIQUES
Les dures réalités : La violence
faite aux femmes
au Canada
Demeurez en forme, la marche l'hiver
Prochaines sessions de formation en gestion
Légende
Mista Wabos
Agenda 2006 du Centre d'amitié autochtone de Val d'Or
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Souhaits du Grand Chef J'espère que vous avez tous passé un joyeux temps
des Fêtes.
À notre Peuple je souhaite la réalisation de ses voeux les plus
chers et à tous et chacun santé, prospérité et
bonheur pour vos familles.
Que cette nouvelle année marque le début de notre renaissance à titre
de Peuple et de nation libre, parmi d'autres nations et Peuples de ce monde qui
ont droit à ce titre.
Bonne et heureuse année a tous.
Lucien Wabanonik
Grand Chef
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Entrevue avec Chef Harry McDougall
Il y a quelques temps nous avons eu le plaisir de rencontrer le
Chef de la communauté de Pikogan, Harry McDougall. Ce dernier
nous a parlé de ses débuts en politique, des défis
relevés par Pikogan ainsi que des projets à venir.
Nous vous invitons à lire ce qui suit pour en apprendre davantage.
M.
McDougall a un cheminement des plus intéressants. Effectivement,
pendant une vingtaine d’années il habite à l’extérieur
de la communauté. Pendant ces années, il poursuit ses études
et sa formation tout en occupant une variété d’emplois
dans les secteurs public, de services, etc. Au cours de cette période
il est également propriétaire de sa propre entreprise,
ce qui lui permet d’acquérir une solide expérience
dans le domaine (Suite à la page 2) du développement économique
et du monde des affaires. Connaissances qui lui sont utiles aujourd’hui
et dont il n’hésite pas à faire bénéficier
les membres de sa communauté.
C’est au début des
années 90 que des membres
de la population lui demande s’il veut être chef. Il
n’a jusqu’à lors jamais envisagé de s’impliquer
de cette façon. Ce n’est pas dans ses plans. Malgré l’absence
d’expérience au niveau politique, il décide tout
de même de relever le défi. C’est ainsi qu’il
occupe le poste de chef de 1990 à 1999. À l’époque
il s’occupe aussi de l’administration de la communauté et
il y a peu de politiques en place. Puis graduellement, des études
sont faites afin que Pikogan prenne en charge l’administration
de différents domaines (éducation, santé, etc.).
Des politiques sont aussi instaurées, par exemple au niveau
des conflits d’intérêt.
Entre 1999 et 2003, période
où il n’est pas chef,
il travaille pour la communauté pour faire le suivi de dossiers,
pour le ministère des Affaires indiennes et du Nord Canada et
il devient aussi directeur de la santé et des services sociaux à Pikogan.
Selon
Chef McDougall la plus grande réalisation, celle de la
communauté, est la prise en charge des divers secteurs de services.
Pour cela une bonne équipe et beaucoup de formation ont été nécessaires.
Effectivement, la priorité a été donnée à la
formation par le conseil et les gens ont ensuite embarqué.
Le
conseil priorise également le développement économique,
qui doit selon Chef McDougall, commencer par le développement
communautaire. Cela s’avère par contre parfois difficile à cause
du territoire limité. Toutefois, des démarches sont actuellement
en cours pour agrandir la superficie de la communauté. Déjà des
lettres d’appui ont été demandées à la
MRC et à la ville d’Amos. Entre temps l’expansion
se poursuit et de nouveaux projets voient le jour. Alors qu’une
patinoire couverte a été construite l’an passé,
2006 verra la construction d’une nouvelle bâtisse pour
le développement communautaire et économique. Ce nouveau
bâtiment sera situé à proximité du centre
de services administratifs.
Un projet de musée est aussi dans
l’air et viserait à mettre
en valeur l’histoire de Pikogan et de ses membres. Ce projet
nécessitera de nombreux efforts tels que des fouilles sur le
site du lac Abitibi et le rapatriement d’artéfacts actuellement
exposés dans d’autres institutions.
Politiquement de nombreux
défis se posent également à Chef
McDougall et aux membres de sa communauté.
Notamment, la situation impliquant l’association crie Washaw
Sibi qui réclame la création de leur propre réserve,
bien que jusqu’à maintenant ils avaient toujours accepté de
cohabiter. Pikogan ne fait pas donc pas exception à la règle.
Effectivement, comme dans la plupart des communautés des Premières
Nations, les questions d’ordre politiques sont nombreuses et
complexes, et demande beaucoup d’énergie.
Chef McDougall
conclut en expliquant que le plus grand changement qu’a
connu Pikogan est le fait que les gens ont appris à se prendre
en charge. Ils se sont réappropriés leur fierté et
ont acquis de la confiance.
Les nombreuses réalisations de la communauté en témoignent
et il s’agit à n’en pas douter du gage d’un
avenir prometteur.
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Section développement économique, par Carole Whiteduck
Ouverture d'une nouvelle station-services à Kitigan Zibi
L’ouverture d’une nouvelle station-service est prévue
pour la mi-février à Kitigan Zibi. Les propriétaires
de l’entreprise sont Kelly Marchand de Kitigan Zibi et Jonathan
Mathias de Long Point First Nation. Jonathan est déjà le
propriétaire de Winneway Gaz (station-service située à Long
Point)qui est en affaires depuis cinq ans et qui remporte beaucoup
de succès.
KZ Gaz est un projet d’investissement d’un million de
dollars. La station sera avec service et offrira aussi des repas
prêts à emporter tels que des sandwiches, etc. L’entreprise
sera créatrice de huit emplois à temps plein et de
six emplois à temps partiel. La priorité d’emploi
sera donnée aux jeunes et aux aînés. Éventuellement,
ils envisagent également d’offrir un
comptoir café et beignes Express.
L’intérieur
de l’entreprise inclus une salle à manger
dans une mezzanine où les gens pourront s’asseoir.
Nous
souhaitons le meilleur des succès à Kelly et Jonathan
dans ce
nouveau projet.
Ouverture du centre culturel de Kitigan Zibi Le Centre culturel de Kitigan Zibi a officiellement ouvert ses portes
le 9 décembre 2005. Pour
l’occasion, une cérémonie où l’ensemble
de la communauté avait été conviée a
eu lieu.
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Étude sur l'expérience des femmes avec la violence familiale
L'association Femmes autochtones du Québec et l'Université de
Montréal sont à la recherche de participantes à une étude
portant sur l'expérience des femmes autochtones avec la violence
familiale. Si vous avez vécu de la violence dans votre vie
et que vous aimeriez aider d'autres femmes en participant à une étude
anonyme et confidentielle, appelez Patricia Bourque à frais
virés au 418-842-4739 ou envoyez un courriel à patricia_bourque@hotmail.com.
Les participantes recevront une compensation de 20$.
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DONNÉES STATISTIQUES
Les dures réalités : La violence faite aux femmes
au Canada
(Référence : Fondation canadienne des femmes:
www.cdnwomen.org)
51 %
des femmes au Canada ont subi au moins un incident de violence selon
la définition du Code criminel.
1 femme sur 10 est victime
de violence
Les femmes entre 25 - 34 ans vivent le taux le plus élevé d'abus
conjugal.
1 femme sur 4 qui se présente à l'urgence
est victime de violence.
Les femmes subissent des violences plus graves,
encourent trois fois plus de risque de blessures dues à la
violence conjugale, et cinq fois plus d'exiger des soins médicaux.
1
femme enceinte sur 6 subit des violences au cours de sa grossesse.
À
tous les ans, plus que 100 000 femmes et enfants se réfugient
dans les 425 maisons d'accueil pour les femmes et enfants victimes
de violence
1 enfant sur 12 au Canada est témoin de violence
familiale, et les enfants apprennent ce qu'ils vivent.
Les coûts
des abus sexuels et physiques s'établissent à 4,2$
milliards à tous les ans.
Le coût annuel de l'abus comprend
408$ millions en coûts
de santé directs. La violence à l'endroit des femmes
est à la fois une question sociale grave et une question
sanitaire de taille.
La violence à l'endroit des femmes n'est pas qu'immorale
et illégale, elle est sans frontière. Elle traverse
toutes les frontières ethniques, d'âge, de religion
et de classe sociale.
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Demeurez en forme
La marche l’hiver
La marche est sûrement l’une des façons les plus
simples de demeurer en forme. Ça permet d’améliorer
la circulation, la mobilité, l’équilibre, aide à la
perte de poids et contribue même à prévenir l’ostéoporose.
Mais
maintenant que l’hiver est bien installé, vous êtes
sans doute très tenté de remiser vos souliers de marche,
de vous installez confortablement sur le sofa avec un chocolat chaud
entre les mains. Il s’agit d’une solution très
attirante, mais qui n’aide pas votre santé. Ce n’est
pas parce qu’il ne fait pas beau et chaud à l’extérieur
que vous devez hiberner tout l’hiver.
Trucs de marche
Prêt à aller dehors? Voici quelques conseils
qui vous aiderons à demeurer en sécurité et
au chaud lorsque vous marchez l’hiver :
1. Commencez lentement.
Donnez une chance à vos muscles de
s’échauffer.
2. Marchez à un rythme lent ou modéré.
Les routes et les sentiers peuvent être glissants l’hiver.
3.
Apportez de l’eau. N’assumez pas que vous avez besoin
d’eau seulement l’été.
4. Dans le cas où la
visibilité est faible ou les conditions
routières mauvaises, vous ne devriez pas marcher où il
y a de la circulation automobile. Dirigez-vous plutôt vers
les parcs, les sentiers de vélo
ou encore les zones résidentielles où il y peu de circulation.
Portez toujours des vêtements réfléchissants.
5.
Trois épaisseurs de vêtements sont recommandées.
Il est mieux de les avoir que d’en avoir besoin. Vous pouvez
toujours les retirer si vous avez chaud.
6. Évitez le coton.
Essayez de porter des vêtements
qui ne retiennent pas
l’humidité.
7. Portez des gants, un chapeau et un foulard
pour aider à vous
tenir au chaud. Si vous avez vraiment froid aux oreilles, aux mains
ou à la tête, rentrez à l’intérieur.
8.
Portez des lunettes de soleil ou, s’il neige, des lunettes
protectrices pour vous protéger de la réflexion du
soleil sur la neige.
9. Essayez de porter des chaussures qui ont une bonne adhérence
sur les surfaces glissantes.
10. Ne mettez pas plus d’une paire
de bas, vous pourriez avoir des ampoules. Utilisez plutôt des
bas conçus pour garder
les pieds au chaud.
Source: www.weightwatchers.ca
par Mary Lynn Mitcham
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Prochaines sessions de formation en gestion
La prochaine session de formation en gestion sera offerte en français à Val
d’Or, les 21 et 22 février prochains et portera sur
la « Résolution de problèmes ».
La
session en anglais sera quant à elle offerte à North
Bay les 31, 1er et 2 février. Cette
session sera composée d’une révision du module
6 (« Rédaction de rapports ») et du
nouveau module « Résolution de problèmes ».
Pour
plus d’information, veuillez contacter Angela au 819.449.1225.
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Légende
Mista Wabos
Selon Alonzo Commanda
Mista Wabos, le Grand-Lièvre, avait
réuni presque tous
les animaux de la première création dans son immense
barque faite d’écorce de bouleau. Puis, la pluie se
mit à tomber en grains de la grosseur d’une prune sauvage.
La première tâche des animaux était d’empêcher
cette eau de remplir le canot d’écorce. Il était
immense, mais si la terre se couvrait peu à peu d’eau
et que les arbres se noyaient ainsi que les animaux qui n’avaient
pas été favorisés par le Grand-Lièvre,
le canot finirait bien par s’emplir. Heureusement, il y avait
la soif constante de toutes ces bêtes qui aidait.
Lorsque la
pluie cessa, le monde d’avant n’était
plus que liquide. Plus rien n’existait. Les corps de milliers
d’animaux qui n’avaient pas été choisis
se retrouvèrent en surface de l’eau, noyés par
cette punition des Esprits du Monde d’en haut.
Les animaux choisis par Mista Wabos lui étaient entièrement
dévoués et prêts à tout pour racheter
cette bêtise animale qui avait mis fin au monde merveilleux
de paix de l’immensité d’en bas. Il demanda au
meilleur plongeur de tenter de rejoindre le fond de l’immensité liquide
et d’en rapporter un peu de terre afin d’y
faire pousser des herbes, des arbres et des plantes dont il avait
garder
les graines.
Huard-à-collier s’offrit, puisqu’il
avait déjà la
réputation du meilleur plongeur de l’univers. Il plongea,
resta submergé pendant un soleil complet et, faute de souffle,
remonta presque mort.
Bec-Scie, le canard, décida de tenter sa chance, mais dura
moins longtemps que Huard sous cette eau. Loutre plongea, puis Vison,
puis Castor géant, mais aucun ne parvint à rapporter
de terre du fond de l’immensité liquide.
Rat-Musqué finit par dire qu’il avait toujours confiance
de trouver le nécessaire pour continuer d’exister. « Il
m’arrive souvent de devoir plonger des dizaines de fois pour
trouver un simple brin d’herbe aquatique lorsque j’ai à me
nourrir. Je ne vais pas me décourager parce que nous avons
connu quelques échecs! » Et Mista Wabos le laissa
tenter sa chance de sauver le monde animal de la destruction.
Rat-Musqué plongea.
Il fut absent de la surface de l’immensité liquide
pendant trois soleils. Tous le crurent noyé. Pourtant, à la
tombée du troisième jour, son corps réapparut.
Il semblait mort, mais respirait encore. Il ouvrit un œil et
sourit en ouvrant une de ses pattes de devant. Il avait réussi à saisir
un seul grain de sable du fond des eaux, mais il était convaincu
que Mista Wabos pourrait en faire quelque chose.
C’est au centre
du grand canot que Mista Wabos planta le grain de sable qu’il
fertilisa de la fiente de Ours-Noir. Et il y planta quelques-unes
des graines d’herbes et d’arbres.
Et de ce monde minuscule grandit ce monde dans lequel nous vivons
tous. Mais, avant de perdre ses pouvoirs et sa taille gigantesque,
Mista Wabos récupéra les corps des animaux noyés
par le grand déluge et demande à Oiseau-Tonerre de
frapper chacun d’eux d’une décharge afin de les
réanimer. Cela créa les Anishinabeg, tels qu’ils
sont maintenant. Chacun reçut une femme pour continuer l’espèce.
Comme il répéta ce geste un peu partout sur notre terre,
il créa des gens de formes et de langues différentes.
Malheureusement, il nous reste quelque chose de ces espèces
animales. Nous pouvons aussi user de vengeance les uns envers les
autres et savons très bien nous entre-tuer. Le monde n’a
plus jamais été parfait comme avant, et Mista Wabos
ne revient plus que sous la forme du
Windigo lorsque nous faisons mal à nos semblables.
Source: « Windigo
et la naissance du monde »,
de Bernard Assiniwi

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Agenda 2006 du Centre d’amitié autochtone de Val d’Or
C’est avec beaucoup de fierté que le Service jeunesse
du centre d’amitié autochtone de Val d’Or
procède au lancement de l’agenda « Captez
vos rêves – Catch your dreams », édition
2006. Il s’agit de la troisième édition de cet
outil de sensibilisation et de promotion scolaire qui est devenu
une belle tradition.
Cet agenda est illustré des photos de
149 gradués et
lauréats du gala Mëmëgwashi 2005, gala de reconnaissance
des forces individuelles de chacun et chacune ainsi que de la persévérance
et de la réussite scolaire. Ces jeunes sont mis à l’honneur
parce qu’ils se donnent les moyens pour réussir et « captez
leurs rêves »; ils deviennent ainsi de beaux
modèles d’ « histoire de réussite » pour
ceux qui les suivent, et présentent à tous une image
positive de la réalité des Autochtones d’aujourd’hui.
Source:
Centre d’amitié autochtone de Val d’Or
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