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Le canot (chimàn)

un symbole de la culture algonquine

Bien qu’il soit difficile d’attribuer la paternité du canot à un groupe en particulier, ce moyen de transport est souvent associé au peuple algonquin, d’autant plus que le principal matériau utilisé pour sa fabrication, le bouleau blanc, se retrouvait surtout dans les forêts du Nord-Est de l’Amérique du Nord, soit le territoire occupé par les Anishinabeg.

Cette embarcation répondait d’ailleurs parfaitement à cette nation de chasseurs qu’étaient les Anishinabeg, puisque leur mobilité était essentielle à leur survie. Ils devaient pouvoir se déplacer rapidement et en silence. Les premiers explorateurs ont d’ailleurs affirmé que les Algonquins étaient probablement les meilleurs navigateurs sur les rivières et les lacs en raison de leur habileté à manœuvrer avec cette embarcation sur les cours d’eau les plus dangereux.

Les matériaux utilisés pour sa fabrication devaient donc être légers et faciles à transporter.

L’armature du canot était fabriquée avec du cèdre, un bois flexible et résistant à l’eau et la coque était entièrement faite d’écorce de bouleau, cousus avec des racines d’épinette et rendus imperméables par l’application de résine d'épinette et de graisse chauffées. En raison de la fragilité de l’écorce, le maître du canot devait constamment s’assurer d’éviter tout obstacle (roches, branches) pour ne pas percer la coque. Chacun transportait un nécessaire pour pouvoir effectuer rapidement une réparation de la coque.

Les nations du sud, les Mohawks principalement, avec qui les Anishinabeg étaient souvent en guerre, redoutaient un affrontement sur l’eau à cause de la manœuvrabilité du canot d’écorce. Le bouleau étant surtout répandu dans le nord, ces groupes naviguaient sur de lourdes embarcations faites de tremble qui ne leur permettaient pas de s’échapper s’ils devaient chercher la fuite. Généralement, ils se dirigeaient vers la rive la plus proche pour éviter un affrontement au milieu du cours d’eau où le canot d’écorce donnait un avantage certain aux guerriers anishinabeg.

Le canot typique utilisé par les Anishinabeg pouvait mesurer six mètres et transporter jusqu’à 450 kilos de marchandise en plus de deux ou trois rameurs. Lorsque le commerce des fourrures attira les Européens en Amérique, ceux-ci constatèrent que leurs bateaux de bois étaient totalement inutiles sur nos cours d’eau fougueux. Ils adoptèrent rapidement le canot. En raison de leur soif toujours plus grande pour les fourrures, ils construisirent des canots toujours plus grands, jusqu’à 12 mètres de longs.